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Témoignage d'un Ancien: Victor à Madagacar

 

"Après une année passée en Australie à travailler dans les champs de fruits et à vivre dans un Van, j’ai entamé une année à l’Université Catholique de Louvain-La-Neuve, en Economie.
Les choses ne s’étant pas bien passées, le marché avec mes parents était clair : je devais m’assumer économiquement. Dans les faits, cela s’est traduit par un an de travail à temps plein dans un restaurant. Le remède m’a motivé à reprendre des études ! Cette fois en Agronomie à la Haute École de la Province de Namur (H.E.P.N.). Mes weekends restant ponctués par de petits boulots.

C’est en Janvier 2017 que j’obtenais mon diplôme de Bachelier en Agronomie orientation Environnement.
Deux mois plus tard, j’étais sur le point de signer chez GLAXOSMITHKLINE. C’est alors que Monsieur Werner COUTTENIER, professeur de l’HEPN, m’a proposé une offre beaucoup plus… exotique ! C’est ainsi qu’en juillet 2017, j’avais tout quitté pour rejoindre la quatrième plus grande île au monde, Madagascar ! A la clé, un fantastique projet de vie personnel et professionnel pour ma fiancée et moi.

A ce jour, deux fonctions principales m’incombent : d’une part, la direction de la société d’Acconage et de Manutention d’Antalaha (SAMA) qui gère la manutention des marchandises importées et exportées dans le port d’Anthalaha et, d’autre part, le poste d’Adjoint du Directeur de la compagnie SOMAVA (Société Malgache de Vanille) exportatrice de vanille. Cette orchidée est omniprésente dans la région SAVA. Antalaha s’appelle d’ailleurs la « capitale de la Vanille ». De ce produit, nous brassons selon les années entre 10 et 15 % du marché malgache. Madagascar est elle-même le premier producteur mondial avec 1 800 tonnes annuelles, soit 85-90 % du volume mondial.  L’entreprise est également très fière de sa vanille bio et des programmes de développement villageois qui y sont liés. Programmes s’impliquant dans l’éducation des plus jeunes, la santé et l’environnement. C’est sans doute là que ma fibre d’agronome orienté environnement s’épanouit le plus.

En tant que Directeur du Port, je m’applique à ce que les problèmes liés aux armateurs et aux dockers soient réglés afin d’éviter tout conflit social. Déterminant pour l’un des points les plus stratégiques de la Région. Le port importe quelques 57 000 tonnes de marchandises annuellement dont 19 000 tonnes de Produit de Première Nécessité (PPN). Dans ce cadre, la représentation de l’entreprise devant les autorités est un chalenge très formateur et enrichissant.
Même dans un écosystème aussi bétonné qu’un port, l’environnement reste d’actualité. Ainsi, le calcul de l’installation photovoltaïque ou les impacts environnementaux sont autant de domaines où mon analyse est requise. La fermeture du port début janvier 2018 pour cause de cyclones est venue rappeler à tout le monde l’absolue nécessité de l’écologie et du climat. Cela a causé une rupture de stock de pommes de terre… plus de frites… l’horreur !
Après le socio-économique et l’environnement, un port c’est aussi des aspects de santé publique. Lors de l’épidémie de peste, j’ai été convoqué parmi les médecins de la région pour mettre un bateau en quarantaine. Excitant !

Toute mon attention est absorbée par la responsabilité de la vanille qui entre dans nos stocks et du processus de préparation et de conditionnement. La vanille est un produit d’une merveilleuse qualité. On l’appelle la Reine des épices. L’olfactif, le toucher, la vue, sont les sens intensément sollicités pour évaluer la qualité des gousses. J’ai l’impression de faire partie du même monde très pointu des parfumeurs ou des vignerons les plus nobles. Les arômes sont notre univers, la qualité notre credo et d’ailleurs une joint-venture nous lie depuis peu à GIVAUDAN, leader mondial de l’industrie des arômes et flaveurs.

Le conditionnement de la vanille avant l’exportation demande beaucoup de main d’œuvre. Cette saison, nous étions plus de 500 employés. La boucle est bouclée, nous voilà revenu au sujet principal : les hommes. L’impact social de notre activité est conséquent. A ce point que ma fiancée s’est lancée dans le développement d’un projet d’encadrement scolaire.
La vanille est une filière. Les métiers y sont nombreux (producteurs, collecteurs, préparateurs, exportateurs). Ce monde est vaste et, dès l’an prochain, je serai amené à lier une relation de confiance avec nos collecteurs et nos producteurs. La qualité de ces relations permettra de pérenniser notre implantation en milieu rural. Je retrouverai la nature, mon premier amour.
Beaucoup de monde rêve d’un travail où le confort du bureau est mêlé au plaisir du terrain. Aujourd’hui, à 27 ans, j’affirme, grâce à mon parcours, mon humanité, mes études à l’HEPN, mes rencontres, avoir atteint un rêve. Un rêve enveloppé dans un écrin paradisiaque ! Un jour, à mon tour, je transmettrai à un plus jeune mes connaissances sur ce chemin de confiance, de compagnonnage, de qualité autant technique qu’humaine."
Victor